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Un jardin médiéval au coeur du village / La roseraie de Kienheim

Mise à jour : 30 août 2012

source : Dernières Nouvelles d’Alsace, 26/08/2012

" Un travail de fleurissement fabuleux a été réalisé à Kienheim. Fin juillet, le jury régional a décerné son « coup de c½ur », en plus d’une troisième fleur au village, blotti dans les collines du Kochersberg.

Une équipe de huit bénévoles a effectué un travail remarquable pour diversifier le fleurissement du village. Un massif dédié à « l’atelier du peintre », un espace « musique » (voir DNA du 28 juillet) et un jardin comme au Moyen-Age ont vu le jour.

« En plein c½ur du village, nous disposons d’un microclimat »

« J’ai consulté pendant trois ans les livres sur les jardins médiévaux et visité plein d’abbayes », déclare le créateur principal de ce havre de paix. À Kienheim, il n’y a pas de cloître et pourtant, depuis cette année, un magnifique jardin monastique. Mais il n’y a pas de secret : Jean-François Barthélémy est paysagiste de métier. La botanique, il connaît, la flore le passionne plus que jamais, et il admet aussi avoir un faible « pour tout ce qui est décoration ». « Ce jardin médiéval, c’est un peu mon bébé, je voudrais que ça perdure », avoue celui qui — retraité depuis peu — vient tous les jours, aussi pour donner de l’eau aux plantes qui en ont besoin. Il lui arrive de s’asseoir sur le banc de ce jardin clos et de savourer le calme et le butinement des abeilles et autres insectes.

De l’osier vert tressé  :

« En plein c½ur du village, nous disposons d’un microclimat, à l’abri du vent », ajoute-t-il. L’équilibre entre humidité et chaleur est préservé, grâce aussi à un système de carrés bordés d’osier vert tressé sur des piquets de noisetiers. Un travail titanesque où l’on sent, comme partout, l’amour du détail.

Le tour du jardin est constitué soit d’éléments peints en vert (au Moyen-Age, on n’utilisait pas de couleurs criardes), soit d’autres rames d’osier, achetées chez un horticulteur près de Bitche – un des trois qui en propose en France.

Sinon, l’équipe se limite à un budget très modeste. « Les lattes, c’est de la récupération, les arrosoirs en zinc, je les ai trouvés à la déchetterie. Nous recueillons aussi les graines pour pouvoir les ressemer l’année suivante, également dans nos prairies mellifères au bord de la route. D’autres plants, nous les avons eus du jardin médiéval d’Eschau ».

Un rôle pédagogique  :

Mais quelles plantes trouve-t-on dans ce jardin ? Tout ce qu’on connaissait et plantait au Moyen-Âge, le millet inclus. La cohabitation entre fleurs et légumes est un principe savant qui favorise la pollinisation. Ainsi, le chou y côtoie les ½illets d’Inde et les rudbeckias, l’artichaut se marie parfaitement avec le céleri. Une partie du chou brocoli est laissée en fleurs après la récolte afin de récupérer les graines. « Les capucines attirent les pucerons, qui du coup ne vont pas sur les salades », explique Jean-François. Tout est étudié et se présente pourtant sous un aspect des plus naturels et même un peu sauvage.

Le jardin joue aussi un rôle pédagogique : les visiteurs et les écoliers sont les bienvenus et sont autorisés à glaner l’une ou l’autre baie tout en respectant le calme et tout ce qui y pousse.

Mais ce sont les bénévoles qui, le jour venu, vont récolter la salade pain de sucre, le raifort, les haricots « Charlemagne », qui existaient à l’époque de l’empereur, les panais, un légume oublié qui revient au goût du jour.

Les plantes médicinales :

Le carré des plantes médicinales vous réserve d’autres découvertes : On y trouve essentiellement des plantes que l’on prenait en tisane, décoctions ou inhalations pour favoriser la cicatrisation (par exemple la chélidoine, le plantain et la rue) ou contre les maux de ventre (l’absinthe, la chartreuse des moines et encore la rue). Sur les panneaux fabriqués main sont inscrits tous les noms avec une écriture d’écolier.

D’autres projets :

La culture bio est également de mise : les bénévoles procèdent tous les trois semaines à l’arrachage des mauvaises herbes et le purin d’orties dans sa bonbonne attend d’être dispersé, surtout contre les pucerons.

Les as du fleurissement de Kienheim ont déjà d’autres projets. Ils comptent compléter leur jardin médiéval avec des roses anciennes grimpantes. La rose n’est-elle pas la fleur médiévale par excellence ?

Un peu plus haut dans le village, dans le lotissement, se trouve la roseraie. L’équipe de fleuristes a rajouté cette année une partie qui forme un pendant avec l’ancienne création, située de l’autre côté de la rue. Y sont plantées exclusivement des roses anglaises anciennes de la collection David Austin. Dans différents tons pastel, dans des nuances de rose, de blanc et de jaune, ces belles plantes qui fleurissent abondamment agrémentent le chemin des écoliers. Il y a deux bancs, une pergola, des cadres de fenêtres avec des silhouettes de chats découpés en bois et un vieux vélo, « pour la touche romantique ».

Jean-François, Frédérique et les autres ont encore laissé libre cours à leur imagination à partir d’objets de récupération. Les roses proviennent bien sûr d’un horticulteur spécialiste en la matière. C’est l’autre gros budget, hormis celui pour l’osier, qui y est également employé. L’arrosage est effectué par l’agent communal qui s’occupe aussi des 115 suspensions que compte Kienheim. À la roseraie, des plantes condimentaires et aromatiques complètent le tableau. « La bourrache aime bien la compagnie de la rose ou l’inverse », explique Jean-François Barthélémy. « Nous avons apprécié cette répartition sur le village. C’est un travail fait avec goût, recherche et finesse, ce qui fait qu’on a été emballé », résume Yves Demangel, responsable développement au comité régional du tourisme. Au moment du passage du jury pour le concours régional, chaque visiteur s’était d’ailleurs vu offrir une rose réalisée dans une broderie ajourée accompagnée d’un texte explicatif.

À Kienheim, on a vraiment le sens du détail. "